Donner la parole à celles qui ont des histoires à raconter

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Il y a près de dix-huit mois, l’Association des Blogueurs de Guinée (ABLOGUI) s’est vu confiée la mise en place, en partenariat avec le ministère de la Jeunesse et le Fonds des Nations-Unies pour la Population (UNFPA), d’une plateforme d’informations et de sensibilisation sur la santé sexuelle et reproductive des adolescents et des jeunes, de lutte contre les violences basées sur le genre, et de promotion de l’émancipation des femmes. Pour la première en Guinée un tel projet, exclusivement numérique — il comprend un site web, une page Facebook, un compte Twitter et une chaîne YouTube — voyait le jour. Dans un pays où la sexualité est un tabou, les violations des droits des femmes sont très fréquentes et l’apport de la couche féminine dans l’économie nationale et le revenu familial est sous-estimé, il fallait vraiment oser pour se lancer dans une telle aventure. C’est d’ailleurs pour cela que les blogueurs qui travaillent dans ce projet lui ont attribué le nom de « La génération qui ose ».

Si au moment de son lancement ses initiateurs avaient une idée vague de ce qu’ils voulaient faire de ce projet, ils l’ont progressivement amélioré pour arriver à une plateforme d’informations et de sensibilisation sur la thématique de la santé sexuelle et reproductive des adolescents et des jeunes mais aussi des questions sur les injustices basées sur le genre et de la promotion de l’émancipation des femmes. Et pour toucher le maximum de personnes (adolescents, jeunes, parents, médecins, activistes…), un magazine trimestriel reprenant les articles phares, publiés au cours des trois derniers mois sur le site internet du projet, est proposé depuis septembre 2018.

Après trois mois de travail, un nouveau numéro, le deuxième, du magazine « La génération qui ose », qui reprend des articles produits entre octobre et décembre 2018 est attendu à la fin de ce mois. Dans ce numéro, nous aborderons, des sujets qui « fâchent » comme l’excision, le mariage précoce et la souffrance des femmes divorcées cherchant à reprendre leur vie en main en travaillant, à travers le témoignage pathétique de Fatoumata*, une jeune femme de 24 ans. Dans les mois à venir, nous irons à la rencontre d’autres personnes, comme Fatoumata*, qui ont des histoires à raconter. Ces témoignages pourraient être « horribles, violents, choquants » pour certains lecteurs, mais nous sommes convaincus que nous devrions les écouter, car ce qui fait mal ce n’est pas le fait qu’elles racontent leurs calvaires, mais plutôt le fait qu’elles aient vécu ces expériences douloureuses quand elles étaient petites ou jeunes quand elles n’avaient besoin que d’être protégées. Ces témoignages, espère-t-on, contribueront à sensibiliser la société sur certaines pratiques très répandues dans nos cultures, qui traumatiseront à jamais leurs victimes.

Dans ce numéro du magazine « La génération qui ose », nous irons aussi à la rencontre de Hawa Camara qui est la conseillère en communication de Blue-Écoute, un centre qui offre des services conviviaux à Conakry. Nous ferons également le point sur le VIH/SIDA, à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la lutte contre le virus, le 1er décembre ; sans oublier nos cinq conseils pour prévenir ou soulager les règles douloureuses, notre avis la sexualité épanouie dans les couples, l’article consacré au déroulement du #BootCampKankan, la deuxième session de formation organisée par « La génération qui ose », dans la ville de Kankan à laquelle ont pris part des jeunes activistes impliqués dans la promotion de la santé de la reproduction en Guinée et bien d’autres articles…

Je ne terminerai cet édito sans rappeler que « La génération qui ose » est mise en place dans le but de véhiculer des informations de qualité, briser le tabou sur la santé de la reproduction, être un espace d’échanges et de partages pour les adolescents et jeunes pour que chacun puisse trouver les réponses à ses préoccupations par rapport à sa sexualité, lutter contre les violences basées sur le genre (VBG) et faire la promotion de l’émancipation des femmes. Ses portes sont ouvertes à toutes celles et tous ceux qui souhaitent contribuer à la sensibilisation, à l’enrichissement des discussions (en partageant des informations fiables et responsables sur la sexualité). Que vous soyez médecin, gynécologue, acteur engagé dans la promotion de la santé de la reproduction, de l’émancipation des femmes ou de la lutte contre les violences basées sur le genre, sage-femme, étudiant en médecine… vous pouvez être « oseur/oseuse » et partager vos connaissances avec les autres membres du réseau.

Thierno Diallo (@cireass), chef de projet « La génération qui ose »

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