Forcée à épouser un homme qu’elle n’a pas choisi, elle se suicide le lendemain du mariage

0
Image d'illustration - Crédit photo : DR

Le mariage est l’une des choses les plus importantes dans l’existence d’une personne. Censé marquer une nouvelle étape dans la vie des époux, il peut se transformer en cauchemar voire carrément en drame si l’union a été scellée sans le consentement de l’un.e des conjoints. C’est ce qui s’est passé le weekend dernier dans la sous-préfecture de Maléyah, une localité relevant de la préfecture de Siguiri, au nord-est de la Guinée.

Rien ne laissait penser que le destin de Hawa Dansoko, connaîtrait une fin aussi tragique. Pas sûr que ses parents puissent imaginer que leur décision de la donner en mariage à un homme qu’elle n’a pas choisi aura une conséquence dramatique qui hantera la famille pendant longtemps. Dimanche, 19 janvier 2020, cette adolescente de 16 ans, mariée la veille, a mis fin à ses jours.

Selon les informations recueillies par Guineematin.com, Hawa Dansoko a avalé un poison pour se suicider après qu’elle a été mariée de force,  le samedi 18 janvier, à un jeune cultivateur de 24 ans, Laye Camara. La jeune fille avait dit qu’elle n’aimait pas le jeune homme, mais ses parents l’ont obligée à l’épouser. C’est le lendemain de son mariage qu’elle a mis fin à ses jours, en avalant un produit chimique qui n’est pas encore identifié.

D’après le site d’informations, c’est dans la soirée du samedi que ses parents l’ont accompagnée chez son mari. Le lendemain à 12 heures, elle a décidée de se suicider en avalant un poison. « Vers 13 heures, le produit a commencé à faire ses effets. Quand on lui a demandé qu’est-ce qu’elle a, elle dit : comme j’avais dit que je ne veux pas épouser cet homme et malgré tout, mon père me l’a donnée en mariage, j’ai décidé de mettre un terme à ma vie. J’ai avalé du poison et je vais mourir aujourd’hui », a expliqué Foussény Camara le président de la Croix-Rouge locale.

Immédiatement après avoir révélé sa décision de mettre fin à ses jours, Hawa Dansoko a été conduite dans un centre santé où elle a rendu l’âme. Le corps de la défunte a été remis à son mari puis inhumée dans l’après-midi du lundi 20 janvier 2020. Ses parents sont restés injoignables. Et pas de réactions des autorités locales suite à ce drame.

En Guinée, le mariage forcé est un phénomène récurrent dans le pays. Selon une enquête menée en 2016 par le gouvernement, 63% des unions sont des mariages forcés ; 22,8% des filles sont mariées avant leurs 15 ans et 54,6% le sont avant leur dix-huitième anniversaire.


A lire aussi : Les mariages forcés et précoces maintiennent les jeunes filles dans des conditions de pauvreté et d’impuissance

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez saisir votre commentaire
S'il vous plaît entrer votre nom ici