Mariage précoce : le Club des jeunes filles leaders de Guinée sauve une autre victime

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C’est le deuxième cas de mariage précoce que le Club des jeunes filles leaders de Guinée empêche en l’espace de quelques heures jours. Après le cas de Aissatou D., 16 ans, qui a été mariée de force le 23 juillet 2018, c’est Fatoumata B. B., 14 ans, originaire d’une sous-préfecture relevant de Dalaba (Moyenne-Guinée), qui vient d’être « sauvée » par cette association de protection des droits des jeunes filles.

La jeune Fatoumata devait être mariée le 02 août 2018 à un commerçant vivant à Kankan (Haute-Guinée). Abdoulaye B., qui voulait épouser l’adolescente, n’arrêtait pas de l’appeler. « Je lui ait dit que je ne suis pas encore prête, qu’il attende au moins que je fasse mon examen d’entrée en 7ème année (CEP, ndlr). Mais il ne voulait rien entendre. Il m’a dit que je l’accepte ou pas le mariage aura lieu. Depuis un moment, il m’appelait. Quand j’ai dit que le mariage n’aura pas lieu, qu’il cherche une autre fille, il a commencé à se plaindre, pour dire que je l’insulte. Son papa m’a appelé pour me dire de ne pas insulter son fils. J’ai répondu que je ne l’ai jamais insulté. Après, je l’ai appelé pour lui dire de ne pas me mettre en mal avec mes parents. Je ne suis pas prête, je veux continuer mes études… », nous a confiée l’adolescente en sanglots.

Élève en classe de sixième année (CM2), à l’école primaire publique « Les Dabaday », Fatoumata B. B., est orpheline de père et de mère. Elle vivait avec sa tante dans la commune de Dixinn à Conakry. C’est l’une de ses tantes qui a fait venir l’adolescente du village où elle avait abandonné l’école, en classe de deuxième année.

Arrivée à Conakry, elle a été accueillie par une tante à Coleah qui l’avait inscrite dans un atelier de couture pour apprendre ce métier. Mais la jeune fille voulait poursuivre ses études. C’est ainsi qu’elle dira à sa tante de l’inscrire à l’école. Ainsi elle sera inscrite à l’école primaire publique « Les Dabaday » de Donka où elle passe en classe de sixième (CM2), cette année.

À en croire l’adolescente, c’est son grand frère Mamadou Y. B., qui voudrait coûte que coûte la donner en mariage. Malgré les doléances de sa tante, pour qu’elle puisse poursuivre ses études, son grand frère serait resté inflexible. C’est ainsi qu’elle a décidé de quitter la famille. Actuellement, elle est protégée par le Club des jeunes filles leaders de Guinée, qui lui apporte son assistance. Cette association qui regroupe des jeunes filles dont certaines sont de son âge était avec elle ce mercredi 25 juillet 2018 dans les locaux de l’Office de protection du genre, de l’enfance et des mœurs (OPROGEM).

Après son audition par les autorités, elle a été mise à la disposition de l’association qui compte poursuivre l’affaire jusqu’à ce que les parents prennent l’engagement de ne pas la donner en mariage, jusqu’à l’âge de sa majorité et sans son consentement. « Un moment où elle pourra choisir l’homme de sa vie, sans pression ni contrainte familiale », a rassuré Fatoumata Bely Barry, la chargée de l’organisation au Club des jeunes filles leaders de Guinée.

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