Protection des droits des femmes et des jeunes filles : trois questions au Club des jeunes filles leaders de Guinée

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La plateforme d’information et de sensibilisation sur la santé sexuelle et reproductive des adolescents et des jeunes, La génération qui ose, est allée à la rencontre de membres du Club des jeunes filles leaders de Guinée pour échanger avec elles sur la lutte que mène leur organisation pour défendre les filles, victimes de violations de leurs droits. Dans cet entretien, nous avons posé nos questions à trois d’entre elles…

Pour vous, c’est quoi être une activiste des droits des femmes en Guinée ?

Hadja Idrissa Bah (présidente) : Pour moi, une activiste des droits des femmes, c’est toute personne qui est engagée à changer une pratique ou à changer une mentalité. Alors une activiste féministe, c’est cette personne qui passe par tous les moyens [légaux] pour réclamer le respect des droits des femmes. Quand on prend en Guinée par exemple, il y a plusieurs femmes, plusieurs jeunes fille qui se battent pour la cause féminine, pour qu’on nous fasse participer dans la prise des décisions qui nous concernent, dans le respect de nos droits. Les femmes qui s’engagent pour ces droits sont celles là qu’on qualifie de « femme activiste ».

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans dans vos combats pour l’émancipation des femmes ?

Kadiatou Konaté : Il y a un problème de communication, parlant des familles. Parce qu’on ne donne généralement pas l’opportunité aux enfants de communiquer avec eux. C’est un des problèmes majeurs qui nous fatiguent. Donc, l’idéal est que la communication parentale soit un peu facilitée pour qu’on puisse atteindre nos cibles. Quand on prend le mariage des enfants, c’est un autre problème. Un facteur qui englobe les autres problèmes, parce que quand il y a le mariage des enfants, on fait allusion à d’autres problèmes. Le viol, c’est à dire quand une fille est marié avant 18 ans, ça peut pousser le [mari] à violer sa femme, ça peut parler aussi de l’excision. La jeune fille n’est pas enseignée, elle n’est pas éduquée, donc elle peut facilement exciser sa fille. On peut également parler de plusieurs facteurs : la non-scolarisation de la jeune fille, la déscolarisation… Avec ces facteurs, c’est plus difficile d’en débattre surtout dans les zones rurales. Et ces femmes n’ont pas accès aux informations nécessaires. C’est pas évident qu’on parte généralement là-bas pour discuter des problèmes dont elles sont confrontées. Mais on fait de notre mieux pour réussir.

Quelles perspectives pour les droits des femmes en Guinée dans 10 à 20 ans ?

Foulématou Camara : Je pense qu’avec le combat de toutes ces structures qui sont là pour la défense des droits des femmes, dans 10 ans, nous pouvons dire oui, ce n’est plus ce combat que nous allons mener, mais d’autres, parce que l’objectif sera déjà atteint. Les droits seront respectés, les femmes sont à l’aise. Alors c’est dans d’autres choses que nous allons nous projeter pour en parler. C’est sur cette analyse que je me base pour dire que dans seulement dix ans nous pouvons bien espérer, au lieu d’attendre jusqu’à vingt ans. Ce qui est sûr et net, nous n’auront plus le même combat à faire, parce que les droits des femmes seront déjà obtenus ; l’objectif sera atteint, et on se projettera vers autre chose. Nous ne parleront plus de la discrimination de la femme. Pas de violence conjugale, pas d’autres choses en rapport avec les violences basées sur le genre (VBG). Nous ne parlerons que d’un pays, d’une communauté, sans violences basées sur le genre.

Propos recueillis par Abdoulaye Oumou Sow, Ezeckiel Leno et Thierno Diallo

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