TÉMOIGNAGE. Être séropositive et vivre bien, c’est possible !

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Photo d'illustration : REUTERS/Sukree Sukplang

En Guinée, vivre avec le VIH/SIDA rime souvent “quelques” difficultés : il faut soit cacher son statut, soit faire face à la stigmatisation de la société. Dans ces deux cas, pour surmonter cette épreuve, le soutien de notre entourage et la prise de produits est fondamental. Témoignage sous l’anonymat d’une personne vivant avec le VIH/SIDA depuis une décennie…

Madame F. vit avec le VIH depuis 2010. Dans sa famille, elle est la seule séropositive connue jusqu’à ce jour (de début décembre 2020). Cette grâce de vivre (presque normalement) des années avec le redoutable virus, elle la doit à la prise des produits antirétroviraux de façon régulière.

Et pourtant, quand elle avait découvert son statut positif, ce fut un énorme choc pour elle. “La première fois qu’on m’a dit que je suis séropositive, c’était à l’hôpital mais le médecin qui m’a dépistée ne m’a pas dit qu’il y avait un traitement. J’ai fait un an sans traitement. C’est après que les gens m’ont expliquée comment ça se passe. Je pensais qu’une fois qu’on vous a dépisté séropositif, c’est la fin du monde, que tout se limite à l’instant même“, se souvient la jeune dame.

De demandes en demandes, Madame F. a été dirigée vers le centre Dream à Fassia où elle a entamé son traitement. “Quand j’ai commencé, j’étais très fatiguée. Mais quand ils m’ont expliquée la procédure, la prise des médicaments, j’ai accepté ! Il m’a suffit de quelques mois pour récupérer. Je n’ai rien payé et la prise en charge était gratuite. Mon état s’est amélioré, car j’ai la charge virale indétectable“, se réjouit-elle.

La stigmatisation, elle y a fait face comme toutes séropositives en Guinée. Dans son quartier, beaucoup racontaient qu’elle était sidéenne mais sans preuves. “Avant que je ne découvre que j’avais cette maladie, les gens disaient dans le quartier : ‘la fille-là est malade, je crois qu’elle a le VIH’ ainsi de suite… Les gens parlaient puis j’ai commencé le traitement. Je leur ai juste dit que quand quelqu’un est malade, essayez de connaître son problème au lieu de diffamer les gens. Mais j’ai compris que dans le quartier, beaucoup de personnes avaient pris leurs distances avec moi“, se souvient la patiente.

Contrairement à d’autres personnes, le fait de contracter le VIH/SIDA n’a pas brisé le rêve de la jeune F. En prenant ses produits régulièrement, elle a même terminé ses études supérieures. “A travers les médicaments, j’ai fini mes études. Quand la maladie m’a attrapé, je faisais la 1ère année en droit en 2010, mais j’ai fini en 2014. A cause de la maladie, ça m’a beaucoup perturbée mais j’ai atteint mon objectif“, exulte-t-elle.

La famille, c’est ce qui a aidé la jeune femme à traverser cette épreuve. “Ma famille m’a beaucoup soutenu quand elle l’a découvert. Ma maman, ma grande sœur, me mettaient au dos pour m’envoyer au centre parce que je ne pouvais pas marcher à un moment. Dans la famille proche, personne ne s’était éloignée de moi. Et aujourd’hui, je les envoie régulièrement faire leur test sérologique et tout le monde est négatif. Grâce aux médicaments que je prends, je me sens à merveille“, précise Madame F.

Pour elle, ce qui peut aider les personnes atteintes du VIH/SIDA de vivre, c’est d’accepter de faire le test de dépistage afin de pouvoir prendre les médicaments adéquats à temps. “Un test qui est fait à temps peut aider (…) On peut vivre avec le VIH/SIDA, faire des enfants avec et la vie continue ! Les gens doivent comprendre que c’est important de faire le test à temps“, conseille-t-elle., ajoutant que stigmatiser n’est pas la solution. “Il faut connaître toi-même ce que tu as parce, c’est seulement à travers le test de dépistage qu’on peut savoir si tu as le VIH/SIDA ou pas“, conclut-elle.

Elisabeth Zézé Guilavogui

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